- Rareté = besoins illimités face à des ressources limitées. L'économie est la science des choix face à la rareté.
- VA = Production − Consommations intermédiaires. Les machines et les salaires ne sont pas des CI.
- PIB = somme des valeurs ajoutées de tous les producteurs (marchands et non marchands).
- 3 secteurs : primaire (nature), secondaire (transformation), tertiaire (services, ≈ 75 % des emplois).
- 2 facteurs de production : travail et capital (technique).
- 3 investissements : remplacement, capacité, productivité.
- Productivité = production ÷ quantité de facteur. La part inexpliquée de la croissance = progrès technique.
- Répartition primaire = partage de la VA entre salaires, profit (EBE) et impôts sur la production.
- Répartition secondaire = l'État redistribue : verticale (riches → pauvres) et horizontale (assurance contre les risques).
- Subventions sociales = assistance, Beveridge, impôt. Prestations sociales = assurance, Bismarck, cotisations.
Introduction — objets et méthodes
1. La rareté
Un besoin est un sentiment de manque (physique ou psychique) accompagné du désir de le faire disparaître. C'est subjectif : ça varie selon les personnes, les lieux et les époques.
Besoins primaires
Nécessaires à la survie : se nourrir, se loger.Besoins secondaires
Jugés indispensables dans une société donnée : un téléphone portable.Pyramide de Maslow (5 niveaux, du bas vers le haut) : physiologiques → sécurité → appartenance → estime → accomplissement de soi. On ne passe au niveau suivant que si le précédent est satisfait.
Les biens satisfont les besoins. Cette capacité s'appelle l'utilité.
- Bien non économique : disponible en quantité suffisante pour tous (l'air).
- Bien économique : en quantité insuffisante, donc rare.
| Classement | Les deux catégories | Exemples |
|---|---|---|
| Usage | Individuels / collectifs | Sandwich / série Netflix |
| Nature | Matériels / services (immatériels) | Voiture / course de taxi |
| Durée | Durables / non durables | Ordinateur / sandwich |
| Fonction | Consommation / production | Production = biens d'équipement (machines) + biens intermédiaires (énergie, matières premières) |
La rareté, c'est le décalage entre des besoins illimités et des ressources limitées.
2. Définir l'économie
Du grec oikos (maison) + nomos (gérer) : l'art de bien gérer une maison, puis un pays.
Malinvaud : l'économie étudie comment les ressources rares sont employées pour satisfaire les besoins des hommes en société (production, distribution, consommation).
En résumé : une science des choix dans un contexte de rareté. Quoi produire ? Comment ? Combien ?
3. Méthodes
C'est une science (concepts, hypothèses, théories confrontées au réel ; une relation bien vérifiée devient une loi économique), mais une science sociale : elle étudie des comportements humains, donc ses conclusions dépendent du contexte et sont moins solides que la physique. Elle s'appuie sur d'autres disciplines (statistiques, maths, histoire, droit, sociologie, gestion…).
Microéconomie
Comportements individuels (ménages, entreprises). Hypothèse de rationalité.Macroéconomie
Fonctionnement global : production, chômage, inflation, épargne…4. Systèmes économiques
Capitalisme
Propriété privée des moyens de production. Régulation par le marché (offre et demande).Socialisme
Propriété collective. Régulation par l'État (planification). Limites : dysfonctionnements de la centralisation.Chapitre 1 — La production
Comment on crée la richesse nationale.
1. Production, valeur ajoutée, PIB
Production (INSEE) : activité socialement organisée qui crée des biens et services à partir de facteurs de production.
Marchande
Vendue sur un marché à un prix qui couvre au moins son coût.Non marchande
Gratuite ou quasi gratuite (école, police). Produite par les administrations et associations. Mesurée à son coût.La valeur ajoutée est la richesse réellement créée par un producteur.
Consommations intermédiaires (CI) : ce qui est détruit ou transformé pendant la production : matières premières, énergie, petit outillage.
À quoi sert le PIB
- Mesurer la croissance d'une année sur l'autre
- Indiquer le niveau de vie moyen (PIB par habitant)
- Faire des comparaisons internationales
Ses limites
- Oublie l'économie souterraine (travail au noir, domestique, illégal)
- Ignore les inégalités et la pollution (externalités)
- Compte la dépollution comme une richesse
- Quantitatif : ignore santé, éducation
- Mesure un flux, pas le stock (patrimoine, ressources naturelles)
2. Les acteurs de la production : 3 façons de classer
a) Secteurs (Colin Clark, 1947, popularisé par Fourastié) : on regroupe les entreprises selon leur activité principale.
| Secteur | Activité | Part de l'emploi |
|---|---|---|
| Primaire | Exploiter la nature : agriculture, pêche, mines | ≈ 4,5 %, en déclin (mécanisation) |
| Secondaire | Transformer les matières : industrie, construction | ≈ 20-25 %, recul depuis le 1er choc pétrolier |
| Tertiaire | Services, marchands (commerce, banque…) ou non marchands (administration, santé…) | ≈ 75 % |
Tertiarisation : le poids croissant des services. Elle est possible grâce à l'effet de déversement : les gains de productivité dans l'agriculture puis l'industrie libèrent de la main-d'œuvre qui part vers les services.
b) Branches : regroupe des unités qui fabriquent le même produit. Sert aux statistiques. Nomenclature NAF, 5 niveaux de détail (21 à 732 postes).
c) Filières : toutes les activités complémentaires de l'amont à l'aval pour obtenir un produit fini. Exemple automobile : amont (mines, sidérurgie) → central (constructeur) → aval (concessionnaire).
3. Les facteurs de production
Le facteur travail est fourni par les ménages contre un salaire.
Quantitativement, il dépend de la population active (INSEE : personnes qui travaillent ou cherchent un emploi rémunéré). Elle dépend de :
- la démographie (natalité d'aujourd'hui = actifs de demain)
- les flux migratoires
- la durée du travail (avec les 35 h, il faut plus de travailleurs pour le même volume de travail)
Qualitativement, les travailleurs ne sont pas tous identiques :
- Capital humain (Gary Becker, 1965) : les aptitudes accumulées (diplôme + expérience). Se former est un investissement : bénéfices (salaire plus élevé) contre coûts directs (frais de scolarité) et coût d'opportunité (ce qu'on ne fait pas pendant qu'on étudie).
- PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) : groupes aux comportements sociaux proches.
| PCS (% des emplois) | 1954 | 2018 | Tendance |
|---|---|---|---|
| Agriculteurs | 20,7 | 1,5 | effondrement |
| Ouvriers | 37,5 | 21,6 | forte baisse |
| Cadres | 2,9 | 17,6 | explosion |
| Professions intermédiaires | 10,8 | 25,2 | forte hausse |
| Employés | 16,1 | 28,0 | hausse |
Le facteur capital. Le mot « capital » a 3 sens :
- économique : un actif qui rapporte un revenu
- technique : machines, bâtiments, véhicules → c'est celui qui compte pour la production
- financier : l'argent qui finance l'activité
Investissement : valeur des biens durables achetés pour produire pendant au moins un an.
| Type | Ce qu'on fait | Effet sur la production |
|---|---|---|
| Remplacement | Remplacer une machine usée à l'identique | Aucun changement |
| Capacité | Ajouter des machines | Produire plus |
| Productivité | Remplacer par une machine plus performante | Produire plus efficacement |
On distingue aussi l'investissement matériel et immatériel (R&D, logiciels, brevets, publicité).
Ce qui pousse à investir : la demande anticipée, des taux d'intérêt bas (on emprunte pour investir), les aides de l'État (ex. CICE).
4. Productivité et progrès technique
Productivité du capital = Production ÷ quantité de capital
Productivité globale des facteurs = Production ÷ (travail + capital)
Le travail peut se mesurer par le nombre de travailleurs (productivité par tête) ou en heures (productivité horaire). La production peut se mesurer en unités ou en valeur.
La productivité globale des facteurs (PGF) est la part de la croissance qui n'est pas expliquée par plus de travail ou plus de capital. On attribue ce « résidu » au progrès technique.
Progrès technique : ensemble des innovations qui transforment les méthodes de production, l'organisation du travail, les produits et les marchés. Il vient d'une meilleure organisation du travail, d'un meilleur capital ou d'un nouveau mode de production (machine à vapeur, électricité, taylorisme, informatique, IA…).
Exogène
Vient de l'extérieur de l'économie (découvertes technologiques).Endogène
Produit par l'économie elle-même : concurrence, accumulation de savoir-faire, infrastructures de l'État (théorie de la croissance endogène).Court terme
Peut détruire des emplois : on produit autant avec moins de travail, le capital remplace le travail peu qualifié.Long terme
Gains de productivité → baisse des prix → plus de pouvoir d'achat → nouveaux besoins → nouvelles productions → créations d'emplois.Chapitre 2 — La répartition des revenus
Qui reçoit la richesse créée, puis comment l'État la redistribue.
1. Répartition primaire : le partage de la VA
La VA d'une entreprise est partagée entre 3 acteurs :
| Qui | Reçoit quoi | Détails |
|---|---|---|
| Travail | Salaires (ou revenu mixte pour un entrepreneur individuel) | Dépend de la qualification, l'ancienneté, le genre, mais aussi du chômage, du SMIC, des syndicats, de la taille et du secteur de l'entreprise, de la région |
| Capital | Profit = EBE (excédent brut d'exploitation) | Gardé par l'entreprise, versé aux actionnaires (dividendes, apporteurs internes) ou aux prêteurs (intérêts, apporteurs externes) |
| État | Impôts sur la production | Taxe sur les salaires, taxe foncière, CET. Justifiés par les services publics utiles aux entreprises |
Pourquoi le profit ? 3 visions :
- Libéraux : il rémunère le risque pris par l'entrepreneur
- Schumpeter : il récompense l'innovation
- Marxistes : il vient de l'exploitation des travailleurs
Lutte pour le partage de la VA : intérêts et impôts sont à taux fixe, donc seuls salaires et profit varient. Ce que gagnent les salariés, les actionnaires le perdent, et inversement.
| Part de la VA en France (%) | 1980 | 1990 | 2018 |
|---|---|---|---|
| Rémunération des salariés | 62,6 | 57,5 | 58,6 |
| EBE (profit) | 23,0 | 30,2 | 32,6 |
| Revenu mixte | 12,2 | 9,6 | 5,9 |
| Impôts nets sur la production | 2,2 | 2,7 | 3,0 |
- Années 70 : salaires indexés sur l'inflation → part des salaires ≈ 63 %.
- Années 80 : politique de rigueur, fin de l'indexation → la VA bascule vers le profit (EBE ≈ 30 %).
- Depuis les années 90 : partage stable. Le chômage de masse empêche les salariés de négocier des hausses.
2. Répartition secondaire : la redistribution
L'État (au sens large : ministères, collectivités locales, Sécurité sociale) prélève sur certains pour reverser à d'autres.
Logiques sociales
Redistribution verticale
Logique de solidarité : réduire les inégalités, des riches vers les pauvres.Redistribution horizontale
Logique d'assurance contre les risques sociaux : maladie, maternité, invalidité, vieillesse, accident du travail, chômage. Sécurité sociale créée en 1945.Logiques économiques
Régulation (soutien de la demande)
Les pauvres consomment une plus grande part de leur revenu. Donner aux pauvres augmente la consommation totale → croissance.Exemple du cours : riches consomment 50 %, pauvres 90 %. Avant : 0,5×100 + 0,9×30 = 77. Après transfert de 20 : 0,5×80 + 0,9×50 = 85.
Stabilisation automatique (contra-cyclique)
En crise : baisser les prélèvements, augmenter les aides (Covid). En surchauffe : faire l'inverse pour freiner l'inflation.Les mécanismes
1. Prélèvements obligatoires = impôts + cotisations sociales
Impôts indirects
TVA, taxe sur les carburants. Taux identique pour tous → peu redistributifs, voire injustes : les pauvres consomment une plus grande part de leur revenu.Impôts directs
Impôt sur le revenu. Progressifs : le taux augmente avec le revenu → réduisent les inégalités.Cotisations sociales : prélevées sur les salaires (part salarié + part employeur), elles financent la Sécurité sociale, gérée par les partenaires sociaux (État, patronat, syndicats). Elles ne font pas partie du budget de l'État au sens strict.
2. Transferts sociaux
| Subventions sociales | Prestations sociales | |
|---|---|---|
| Logique | Assistance | Assurance |
| Modèle | Beveridge | Bismarck |
| Condition | Sous conditions de ressources, sans cotisation préalable | Versées si le risque se réalise |
| Financement | Impôt (État) | Cotisations sociales |
| Exemples | RSA, bourse, CMU | Allocations familiales, remboursements médicaux |
3. Services publics non marchands (santé, éducation, justice) : gratuits ou presque, ils redistribuent indirectement. 3 principes : égalité, continuité, adaptabilité.
Flashcards
Lis la question, réponds dans ta tête, puis touche la carte. Les cartes ratées reviennent à la fin.
Quiz d'entraînement
20 questions dans le style d'un contrôle, avec la correction expliquée après chaque réponse.