Licence pro PME-PMI · UPPA · Contrôle de demain

Environnement économique

Introduction, Chapitre 1 (la production) et Chapitre 2 (la répartition des revenus). Lis les fiches, entraîne-toi avec les flashcards, puis fais le quiz pour vérifier.

Si tu ne retiens que 10 choses
  1. Rareté = besoins illimités face à des ressources limitées. L'économie est la science des choix face à la rareté.
  2. VA = Production − Consommations intermédiaires. Les machines et les salaires ne sont pas des CI.
  3. PIB = somme des valeurs ajoutées de tous les producteurs (marchands et non marchands).
  4. 3 secteurs : primaire (nature), secondaire (transformation), tertiaire (services, ≈ 75 % des emplois).
  5. 2 facteurs de production : travail et capital (technique).
  6. 3 investissements : remplacement, capacité, productivité.
  7. Productivité = production ÷ quantité de facteur. La part inexpliquée de la croissance = progrès technique.
  8. Répartition primaire = partage de la VA entre salaires, profit (EBE) et impôts sur la production.
  9. Répartition secondaire = l'État redistribue : verticale (riches → pauvres) et horizontale (assurance contre les risques).
  10. Subventions sociales = assistance, Beveridge, impôt. Prestations sociales = assurance, Bismarck, cotisations.
Introduction — objets et méthodes

1. La rareté

Un besoin est un sentiment de manque (physique ou psychique) accompagné du désir de le faire disparaître. C'est subjectif : ça varie selon les personnes, les lieux et les époques.

Besoins primaires

Nécessaires à la survie : se nourrir, se loger.

Besoins secondaires

Jugés indispensables dans une société donnée : un téléphone portable.

Pyramide de Maslow (5 niveaux, du bas vers le haut) : physiologiques → sécurité → appartenance → estime → accomplissement de soi. On ne passe au niveau suivant que si le précédent est satisfait.

Les biens satisfont les besoins. Cette capacité s'appelle l'utilité.

  • Bien non économique : disponible en quantité suffisante pour tous (l'air).
  • Bien économique : en quantité insuffisante, donc rare.
ClassementLes deux catégoriesExemples
UsageIndividuels / collectifsSandwich / série Netflix
NatureMatériels / services (immatériels)Voiture / course de taxi
DuréeDurables / non durablesOrdinateur / sandwich
FonctionConsommation / productionProduction = biens d'équipement (machines) + biens intermédiaires (énergie, matières premières)

La rareté, c'est le décalage entre des besoins illimités et des ressources limitées.

2. Définir l'économie

Du grec oikos (maison) + nomos (gérer) : l'art de bien gérer une maison, puis un pays.

Malinvaud : l'économie étudie comment les ressources rares sont employées pour satisfaire les besoins des hommes en société (production, distribution, consommation).

En résumé : une science des choix dans un contexte de rareté. Quoi produire ? Comment ? Combien ?

3. Méthodes

C'est une science (concepts, hypothèses, théories confrontées au réel ; une relation bien vérifiée devient une loi économique), mais une science sociale : elle étudie des comportements humains, donc ses conclusions dépendent du contexte et sont moins solides que la physique. Elle s'appuie sur d'autres disciplines (statistiques, maths, histoire, droit, sociologie, gestion…).

Microéconomie

Comportements individuels (ménages, entreprises). Hypothèse de rationalité.

Macroéconomie

Fonctionnement global : production, chômage, inflation, épargne…

4. Systèmes économiques

Capitalisme

Propriété privée des moyens de production. Régulation par le marché (offre et demande).

Socialisme

Propriété collective. Régulation par l'État (planification). Limites : dysfonctionnements de la centralisation.
Piège. Libéralisme ≠ capitalisme. Le libéralisme est une doctrine (le marché est le meilleur régulateur). Le capitalisme est un système, une organisation de la société.
Chapitre 1 — La production

Comment on crée la richesse nationale.

1. Production, valeur ajoutée, PIB

Production (INSEE) : activité socialement organisée qui crée des biens et services à partir de facteurs de production.

Marchande

Vendue sur un marché à un prix qui couvre au moins son coût.

Non marchande

Gratuite ou quasi gratuite (école, police). Produite par les administrations et associations. Mesurée à son coût.

La valeur ajoutée est la richesse réellement créée par un producteur.

VA = Valeur de la production − Consommations intermédiaires

Consommations intermédiaires (CI) : ce qui est détruit ou transformé pendant la production : matières premières, énergie, petit outillage.

Piège classique. Les machines (capital) et les salaires (travail) ne sont pas des CI. Ils se paient avec la VA.
Exemple. Une boulangerie vend 100 000 € de pain. Elle achète 30 000 € de farine et d'électricité, paie 40 000 € de salaires. VA = 100 000 − 30 000 = 70 000 €. Les salaires ne se retirent pas.
PIB = somme des valeurs ajoutées de tous les producteurs du territoire

À quoi sert le PIB

  • Mesurer la croissance d'une année sur l'autre
  • Indiquer le niveau de vie moyen (PIB par habitant)
  • Faire des comparaisons internationales

Ses limites

  • Oublie l'économie souterraine (travail au noir, domestique, illégal)
  • Ignore les inégalités et la pollution (externalités)
  • Compte la dépollution comme une richesse
  • Quantitatif : ignore santé, éducation
  • Mesure un flux, pas le stock (patrimoine, ressources naturelles)

2. Les acteurs de la production : 3 façons de classer

a) Secteurs (Colin Clark, 1947, popularisé par Fourastié) : on regroupe les entreprises selon leur activité principale.

SecteurActivitéPart de l'emploi
PrimaireExploiter la nature : agriculture, pêche, mines≈ 4,5 %, en déclin (mécanisation)
SecondaireTransformer les matières : industrie, construction≈ 20-25 %, recul depuis le 1er choc pétrolier
TertiaireServices, marchands (commerce, banque…) ou non marchands (administration, santé…)≈ 75 %

Tertiarisation : le poids croissant des services. Elle est possible grâce à l'effet de déversement : les gains de productivité dans l'agriculture puis l'industrie libèrent de la main-d'œuvre qui part vers les services.

b) Branches : regroupe des unités qui fabriquent le même produit. Sert aux statistiques. Nomenclature NAF, 5 niveaux de détail (21 à 732 postes).

Secteur ou branche ? Une entreprise est classée dans un seul secteur (son activité principale). Ses différents produits peuvent relever de plusieurs branches.

c) Filières : toutes les activités complémentaires de l'amont à l'aval pour obtenir un produit fini. Exemple automobile : amont (mines, sidérurgie) → central (constructeur) → aval (concessionnaire).

3. Les facteurs de production

Le facteur travail est fourni par les ménages contre un salaire.

Quantitativement, il dépend de la population active (INSEE : personnes qui travaillent ou cherchent un emploi rémunéré). Elle dépend de :

  • la démographie (natalité d'aujourd'hui = actifs de demain)
  • les flux migratoires
  • la durée du travail (avec les 35 h, il faut plus de travailleurs pour le même volume de travail)

Qualitativement, les travailleurs ne sont pas tous identiques :

  • Capital humain (Gary Becker, 1965) : les aptitudes accumulées (diplôme + expérience). Se former est un investissement : bénéfices (salaire plus élevé) contre coûts directs (frais de scolarité) et coût d'opportunité (ce qu'on ne fait pas pendant qu'on étudie).
  • PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) : groupes aux comportements sociaux proches.
PCS (% des emplois)19542018Tendance
Agriculteurs20,71,5effondrement
Ouvriers37,521,6forte baisse
Cadres2,917,6explosion
Professions intermédiaires10,825,2forte hausse
Employés16,128,0hausse

Le facteur capital. Le mot « capital » a 3 sens :

  • économique : un actif qui rapporte un revenu
  • technique : machines, bâtiments, véhicules → c'est celui qui compte pour la production
  • financier : l'argent qui finance l'activité

Investissement : valeur des biens durables achetés pour produire pendant au moins un an.

TypeCe qu'on faitEffet sur la production
RemplacementRemplacer une machine usée à l'identiqueAucun changement
CapacitéAjouter des machinesProduire plus
ProductivitéRemplacer par une machine plus performanteProduire plus efficacement

On distingue aussi l'investissement matériel et immatériel (R&D, logiciels, brevets, publicité).

Ce qui pousse à investir : la demande anticipée, des taux d'intérêt bas (on emprunte pour investir), les aides de l'État (ex. CICE).

Ajouts notés en cours (sur ton PDF) : 3 types d'inflation — par les coûts (hausse du pétrole répercutée sur les prix), monétaire (trop de monnaie en circulation par rapport aux biens), importée (ex. hausse des droits de douane). Motifs d'épargne : transaction, spéculation, précaution.

4. Productivité et progrès technique

Productivité du travail = Production ÷ quantité de travail
Productivité du capital = Production ÷ quantité de capital
Productivité globale des facteurs = Production ÷ (travail + capital)

Le travail peut se mesurer par le nombre de travailleurs (productivité par tête) ou en heures (productivité horaire). La production peut se mesurer en unités ou en valeur.

La productivité globale des facteurs (PGF) est la part de la croissance qui n'est pas expliquée par plus de travail ou plus de capital. On attribue ce « résidu » au progrès technique.

Progrès technique : ensemble des innovations qui transforment les méthodes de production, l'organisation du travail, les produits et les marchés. Il vient d'une meilleure organisation du travail, d'un meilleur capital ou d'un nouveau mode de production (machine à vapeur, électricité, taylorisme, informatique, IA…).

Exogène

Vient de l'extérieur de l'économie (découvertes technologiques).

Endogène

Produit par l'économie elle-même : concurrence, accumulation de savoir-faire, infrastructures de l'État (théorie de la croissance endogène).

Court terme

Peut détruire des emplois : on produit autant avec moins de travail, le capital remplace le travail peu qualifié.

Long terme

Gains de productivité → baisse des prix → plus de pouvoir d'achat → nouveaux besoins → nouvelles productions → créations d'emplois.
Chapitre 2 — La répartition des revenus

Qui reçoit la richesse créée, puis comment l'État la redistribue.

1. Répartition primaire : le partage de la VA

La VA d'une entreprise est partagée entre 3 acteurs :

QuiReçoit quoiDétails
TravailSalaires (ou revenu mixte pour un entrepreneur individuel)Dépend de la qualification, l'ancienneté, le genre, mais aussi du chômage, du SMIC, des syndicats, de la taille et du secteur de l'entreprise, de la région
CapitalProfit = EBE (excédent brut d'exploitation)Gardé par l'entreprise, versé aux actionnaires (dividendes, apporteurs internes) ou aux prêteurs (intérêts, apporteurs externes)
ÉtatImpôts sur la productionTaxe sur les salaires, taxe foncière, CET. Justifiés par les services publics utiles aux entreprises
Piège. Impôts sur la production (payés par l'entreprise sur sa VA) ≠ impôt sur le revenu (redistribution, chapitre suivant).

Pourquoi le profit ? 3 visions :

  • Libéraux : il rémunère le risque pris par l'entrepreneur
  • Schumpeter : il récompense l'innovation
  • Marxistes : il vient de l'exploitation des travailleurs

Lutte pour le partage de la VA : intérêts et impôts sont à taux fixe, donc seuls salaires et profit varient. Ce que gagnent les salariés, les actionnaires le perdent, et inversement.

Part de la VA en France (%)198019902018
Rémunération des salariés62,657,558,6
EBE (profit)23,030,232,6
Revenu mixte12,29,65,9
Impôts nets sur la production2,22,73,0
  • Années 70 : salaires indexés sur l'inflation → part des salaires ≈ 63 %.
  • Années 80 : politique de rigueur, fin de l'indexation → la VA bascule vers le profit (EBE ≈ 30 %).
  • Depuis les années 90 : partage stable. Le chômage de masse empêche les salariés de négocier des hausses.

2. Répartition secondaire : la redistribution

L'État (au sens large : ministères, collectivités locales, Sécurité sociale) prélève sur certains pour reverser à d'autres.

Logiques sociales

Redistribution verticale

Logique de solidarité : réduire les inégalités, des riches vers les pauvres.

Redistribution horizontale

Logique d'assurance contre les risques sociaux : maladie, maternité, invalidité, vieillesse, accident du travail, chômage. Sécurité sociale créée en 1945.
Chiffre à retenir (2018). Avant redistribution, les 10 % les plus aisés gagnent 21 fois plus que les 10 % les plus modestes (5 939 € contre 281 €). Après : 5,7 fois (4 666 € contre 821 €).

Logiques économiques

Régulation (soutien de la demande)

Les pauvres consomment une plus grande part de leur revenu. Donner aux pauvres augmente la consommation totale → croissance.
Exemple du cours : riches consomment 50 %, pauvres 90 %. Avant : 0,5×100 + 0,9×30 = 77. Après transfert de 20 : 0,5×80 + 0,9×50 = 85.

Stabilisation automatique (contra-cyclique)

En crise : baisser les prélèvements, augmenter les aides (Covid). En surchauffe : faire l'inverse pour freiner l'inflation.

Les mécanismes

1. Prélèvements obligatoires = impôts + cotisations sociales

Impôts indirects

TVA, taxe sur les carburants. Taux identique pour tous → peu redistributifs, voire injustes : les pauvres consomment une plus grande part de leur revenu.

Impôts directs

Impôt sur le revenu. Progressifs : le taux augmente avec le revenu → réduisent les inégalités.

Cotisations sociales : prélevées sur les salaires (part salarié + part employeur), elles financent la Sécurité sociale, gérée par les partenaires sociaux (État, patronat, syndicats). Elles ne font pas partie du budget de l'État au sens strict.

2. Transferts sociaux

Subventions socialesPrestations sociales
LogiqueAssistanceAssurance
ModèleBeveridgeBismarck
ConditionSous conditions de ressources, sans cotisation préalableVersées si le risque se réalise
FinancementImpôt (État)Cotisations sociales
ExemplesRSA, bourse, CMUAllocations familiales, remboursements médicaux
Moyen mnémo. Beveridge = Besoin (assistance, impôt). Bismarck = on a « coché » ses cotisations (assurance).

3. Services publics non marchands (santé, éducation, justice) : gratuits ou presque, ils redistribuent indirectement. 3 principes : égalité, continuité, adaptabilité.